Nicci French - Aide moi Extrait ::Il sont donc là. Les gens qui m'aimaient et me détestaient, qui voulait que je vive et qui désiraient que je meure, qui ont essayé de me sauver et qui m'ont abandonnée. Ils ont tous l'air heureux. Ils se regardent, se tiennent la main, certains s'embrassent même. Je devin qu'ils se font des promesses pur la vie qui les attend. Ce grand et mystérieux voyage. Il n'en manque qu'un.
Parfois, on dirait qu'il n'a jamais existé, qu'il n'est qu'un rêve duquel je me suis réveilée, une silhouette qui disparaît pour n'être plus rien dans ma tête étourde. En un sens, c'est vrai. Comme je l'ai dit, l'homme dont j'étais tombée amoureuse était un fantasme - de la même façonque j'en étais un pour lui. Il était l'homme qu'il allait me sauver de moi-même. Comme me le répète mon thrapeute à peu près trois fois au cours de chacune de mes séances à la noix. J'ai envie de lui dire que moi aussi j'ai assisté à ce cours de gestions humaine, celui où l'on vous apprend à prendre quelqu'un fermement par la main la première fois que vous le rencontrez, à le regarder dans les yeux. J'ai envie de dire que cela m'ennuie à mourir de parler de moi, moi, moi. Que tout cela est très bien de regarder tout le temps à l'intérieur, d'exploser les labyrinthes obscurs et secrets de l'esprit, mais qu'un est-il du monde merveilleux au-dehors ? Et de la poésie, la musique, la passion, le coup de fouet de la mer verte ? Mais je pense ensuite à mes amis, à ma famille ; Je pense à ma chère meilleure amie, qui même aujourd'hui, ne cesse de me jeter des coups d'½il pour s'assurer que je vais vraiment bien. Je tiens le coup. Je continue à prendre mes comprimé, à faire de l'exercice, à suivre ma thérapie ; je ne veux pas mourir une troisième fois. Pas encore, en tout cas. Je garderais la mort pour plus tard.
Ma meilleure amie me demande si mes sautes d'humeur me manquent. Son visage affiche une telle inquiétude qu'en général j'évite la question. La vérité, c'est que bien sûr elles me manquent. Elles me manquent comme un amant vous manque. Mon moi extravagant et endiablé. L'obscurité noire d'encre où étaient tapis les démons, puis la glorieuse lumière. Tomber puis s'envoler ; s'écraser puis remonter à tout allure jusqu'à ce que je vois si heureuse et si libre que je voulais presque mourir de la simple joie que cela me procurait ; un délire délicieux, très proche de la terreur. Le monde était à moi et j'étais à lui.
Mais ce manque s'estompe petit à petit. Pour commencer, je me tenais tellement en bride que j'ai failli m'étrangler. Me levais à la même heure, allas travailler à la même heure, rentrais pile à l'heure, mangeais bien, me couchais tôt. Ne mettais pas mes vêtements préférés, ne flirtais pas, ne dansais pas, ne buvais pas, ne riais pas bêtement, ne criais pas, ne vadabondais pas, Petit à petit, je me lache la bride.
Ce soir, je me sens super bien, cest presque comme autrefois, lorsqu'une énergie glorieuse et irrépressible claportait en moi de sorte que j'avais du mal à garder les pieds sur terre. Et la regarder, son visage avenant et adorable. Elle est heureuse. Jamais personne n'a autant mérité d'être heureuse qu'elle, qui a toujours fait passer en priorité le bonheur des autres. J'éspère que son mari réalisera toujours la chance qu'il a. J'éspère que je réaliserai toujours la chance que j'ai.
Je pensais que, en fin de compte, j'étais extrêmement seule - et que tout le monde l'est aussi dans ce monde tumultueux. C'est une condition pour être humain. Pendant toute votre vie, vous cherchez l'amour et l'intimité ; vous cherchez une loyauté inconditionelle, et la connaissance. De vos parents, de vos amis, de vos associés. Nous nous faisons tous des promesses et nous les croyons, ou nous feignons de les croires. Nous nous raccrochons a l'éspoir que nous ne sommes pas seuls. Et pourtant, en ces moment de grande crise et de désespoir intense, la seule personne qui peut vous sauvez, c'est vous-même. Personne d'autre ne peut le faire. C'est ce que j'ai toujours pensé, et, en un sens, je le pense encore, mais quand j'étais déprimé, sans défense et que je ne croyais plus en moi, Ma meilleure amie était là, comme un miracle. Elle croyait en moi alors que j'avais cessé d'y croire, et me faisait vivre quand j'étais prête à mourir. Mettez des démons d'un côté de la balance, et Elle de l'autre, et elle pèse beaucoup plus lours qu'eux tous. Voilà ce que j'entend par « chance ».
Deux fois je suis morte. Maintenant je vis.
Anna Gavalda - Ensemble, c'est tout Extrait::Camille regardait Franck en souriant.
Garde-le ton petit sourir de merde, j'en veux pas. C'est tout ce que tu sais donner, toi... Des petits sourires pour embrouiller les gens... Garde-le va, garde-le. Tu finiras toute seule dans un donjon avec tes crayons de couleur et ce cera bien fait pour ta gueule. Moi je sens que je fatigue, là... Un verre de terre amoureux d'une étoile ça va un moment...
Franck regardait Camille en serrant les dents.
Que t'es mignon toi, quand t'es en colère... Que tu es beau quand tu perds les pédales... Pourquoi je n'arrive pas a me laisser aller avec toi ? Pourquoi je te fais souffrir ? Pourquoi je porte un corset sous ma cuirasse et deux cartouchière en bandoulière ? Pourquoi je bloque sur des détails débiles ? Prends un ouvre-boîte, merde ! Regarde dans ta malette je suis sûre que tu as ce qu'il faut pour me laisser respirer...
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Il était adossé contre le mur, son plateau sur les genoux. Il déboucha une bouteille et lui tendit un verre. Elle posa son carnet.
Ils trinquèrent.
- À l'avenir ...
- Non. Surtout pas. À maintenant, le corigea-t-elle.
Aïe.
- L'avenir euh... Tu... tu le...
-Rassure-moi, Franck, on va pas tomber amoureux quand même ?
Il fit semblant de s'étrangler.
- Al, orrgl, argh... T'es folle ou quoi ? Bien sûr que non !
- Ah ! Tu m'as fait peur... On a déjà fait tellement de bétises tous les deux...
- Ouais, tu l'as dit. Note bien, on en est plus à une près maintenant...
- Si. Moi, si.
- Ah ?
- Oui. Baisons, trinquons, allons nous promener, donnons-nous la main, attrape-moi la main, attrape-moi le cou et laisse moi te courir si tu veux mais... Ne tombons pas amoureux... S'il te plaît...
- Très bien je le note.
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Oui, la vie était une drôle de cuisinière... Des années en chambre froide et tac ! du jour au lendemain, sur le gril mon gars !
- À quoi tu pense ? demanda t-elle
- À rien... Des conneries... ça va, toi ?
- J'arrive pas à croire que t'aies grandi ici...
- Pourquoi ?
- Pff... C'est tellement paumé... C'est même pas un village, C'est ... C'est rien. [...] Comment t'as fais pour t'en sortir ?
- Je te cherchais...
- Arrête... Pas de ça, on a dit...
-
Tu as dit...
- Allez ...
- Tu sais bien comment j'ai fait, t'as connu la même chose... Sauf que moi, j'avais la nature... J'ai eu cette chance... J'étais tout le temps dehors... Et Philou a beau dire ce qu'il veut, c'était un rossignol. Je le sais, c'est mon pépé qui me l'a dit et mon pépé c'était la pie qui chante... Il avait pas besoin d'appeaux lui...
- Et comment tu fais pour vivre à Paris ?
- Je vis pas...
- Il n'y a pas de travail par ici ?
- Non. Rien d'interessent. Mais si j'ai des gosses un jour, je te jure que je les laisserai pas pousser au milieu des voitures, ça non... Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance pierre, c'est pas un vrai. Pourquoi tu souris ?
- Rien. Je te trouve mignon.
- J'aimerais mieux que tu me trouves autre chose...
- T'es jamais content.
- T'en voudras combien ?
- Pardon ?
- Des gamins ?
- Hé... Tu le fais exprès ou quoi ?
- Attends, mais je dis ça, c'est pas forcément avec moi !
- J'en veux pas
- Ah bon ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que.
Il l'attrapa par le cou et la ramena avec force tout près de son oreille.
- Dis-moi...
- Non.
- Si. Dis-moi. Je le répéterai a personne...
- Parce qui je meurs, je veux pas qu'il reste tout seul...
- T'as raison. C'est pour sa qu'il faut en faire plein... Et puis tu sais...
Il la serrait encore plus fort.
- Tu vas pas mourir, toi... T'es un ange... et les anges sa meurt jamais.
Elle pleurait
- Ben alors ?
- Nan rien... À chaque fois c'est pareil... Ca me plombe partout et je pleure pour un oui ou pour un non.
Elle souriait en pleurant :
- Tu vois que je suis pas un ange.
_
Elle posa son sac et la valise de Paulette dans l'entrée et vint le rejoindre dans la cuisine.
- J'ai soif.
- ...
- Tu fais la gueule ? Ca t'ennuie qu'on parte ?
- Pas du tout ! je vais pouvoir m'amuser un peu...
Elle se leva et le pris par la main :
- Allez, viens...
- Où ça ?
- Te coucher.
- Avec toi ?
- Ben oui !
- Non.
- Pourquoi ?
- J'ai pu envie... T'es tendre que si t'as des coup dans le nez... Tu fais que tricher avec moi, j'en ai marre...
- Bon...
- Tu souffles le chaud et le froid... C'est dégueulasse comme façon de faire...
- ...
- C'est dégueulasse...
- Mais moi je suis bien avec toi...
- 'Mais moi je suis bien avec toi'. J'en ai rien a foutre que tu sois bien avec moi. Moi je voulais que tu sois avec moi, point. Le reste là... Tes nuance, ton flou artistique, tes petits arrangement avec ton cul et ta conscience, tu te les garde pour un autre nigaud. Cui-ci, il a tout rendu. T'en tireras rien de plus à présent et tu peux pas laisser tomber l'affaire princesse.
- T'es tombé amoureux, c'est ça ?
- Oh tu fais chier, Camille ! C'est ça ! Parle-moi comme si j'étais un grand malade maintenant ! Putain un peu de pudeur, merde ! Un pe de décence ! je mérite pas ça quand même ! Allez ... Tu vas te barrer et ça vas me faire du bien... Qu-est cee que je fous aussi à le kausser emmerder par une nana qui mouille à l'idée de passer deux mois dans un trou paumé toute seule avec une vioque ? T'es pas normal comme fille et si t'étais un minimum honnête, t'irais te faire soigner avant d'aggriper le premier couillon qui passe.
- Paulette a raison. C'est incroyable ce que tu es grossier...